La Guerre Froide * Introduction

La Guerre Froide * Introduction
La Guerre froide désigne la période de tension et de confrontations idéologiques et politiques entre les deux superpuissances que furent les États-Unis et l'URSS et leurs alliés respectifs de 1947 à la seconde moitié des années 1980.

C'est sous la plume de l'homme d'État américain Bernard Baruch, puis popularisée par le journaliste Walter Lippmann en 1947, que l'expression « guerre froide », déjà utilisée au XIVe siècle, apparut pour la première fois dans l'Occident moderne. D'après Raymond Aron, il s'agissait d'une « guerre limitée » ou « paix belliqueuse » dans un monde bipolaire où les belligérants évitaient l'affrontement direct[1], d'où l'expression « Paix impossible, guerre improbable ».

De nombreux conflits, depuis la guerre de Corée, la guerre du Viêt Nam jusqu'à la guerre d'Afghanistan, ont résulté de l'opposition entre Soviétiques et Américains. Constatant que lorsque « Les puissants s'affrontent, les petits se battent » et tirés des deux bords, l'Inde de Nehru, l'Égypte de Nasser et la Yougoslavie de Tito réussirent à former le mouvement des non-alignés, souhaitant être neutres mais n'ayant que très peu d'influence sur le cours des événements, l'Égypte et les pays nouvellement indépendants étant influencés par un camp ou par l'autre.

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# Posté le lundi 14 avril 2008 09:01

Une reconstruction économique

Une reconstruction économique
Un nouvel ordre monétaire et financier international est créé autour du dollar US, pour éviter l'instabilité économique qui existait pendant l'entre-deux-guerres et relancer les échanges internationaux. Instituée le 22 juillet 1944 par les accords de Bretton Woods, à l'issue d'une conférence qui réunit 44 pays, cette nouvelle organisation de l'économie mondiale fut négociée en fait entre la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, ces derniers imposant leur point de vue.

Les accords établirent un Fonds monétaire international (FMI), ainsi qu'une Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), appelée communément « Banque mondiale ». Le FMI et le BIRD auraient pour mission notamment d'assurer la stabilité des devises nationales et d'accorder des prêts à la reconstruction et au développement.

Par ailleurs, les accords instituaient un système de parités fixes par rapport au dollar, seule monnaie entièrement convertible en or. Comme les États-Unis avaient une réserve d'or avoisinant les trois quarts des réserves mondiales, le dollar US s'imposa forcément comme monnaie de réserve internationale, au même titre que l'or. En effet, pour financer la guerre, les puissances européennes avaient dû vendre leurs stocks d'or aux États-Unis. Ainsi donc, le nouveau système monétaire ne reposait plus uniquement sur le métal fin détenu par les banques centrales, mais sur le dollar US, as good as gold, dont la valeur était garantie par la Réserve fédérale des États-Unis, de même que par la formidable puissance économique des États-Unis.

En juin 1947, dans un discours prononcé à l'Université de Harvard, le secrétaire d'État américain George Marshall offrit à l'Europe « une aide fraternelle » afin de vaincre « la faim, le désespoir et le chaos ». Le « plan Marshall » ou plan de Reconstruction européenne (European Recovery Program) était proposé à toute l'Europe, y compris les pays de l'Est et l'Union soviétique elle-même. Il était toutefois assorti de deux conditions : l'aide américaine serait gérée par des institutions européennes communes et Washington aurait un droit de regard sur sa répartition. Staline hésita, puis, fin juin, fit part de son refus. La Pologne et la Tchécoslovaquie, qui, dans un premier temps, avaient donné une réponse favorable à la proposition américaine, se virent obligées de la refuser à leur tour.

Finalement, seize pays, rejoints en 1949 par la RFA, acceptèrent le plan Marshall : la France et le Royaume-Uni, qui en seront les principaux bénéficiaires, l'Autriche, le Benelux, la Grèce, l'Irlande, l'Islande, l'Italie, les pays scandinaves, le Portugal, la Suisse et la Turquie. En avril 1948, ces seize pays fondèrent l'Organisation européenne de coopération économique (l'OECE, qui deviendra l'OCDE en 1960), organisme supranational dont la fonction première était de gérer et de répartir l'aide américaine entre les pays membres.

De 1948 à 1952, plus de treize milliards de dollars US, 5/6 sous forme de dons, 1/6 sous forme de prêts, furent fournis par les États-Unis. Cette aide à la reconstruction se composait d'une partie financière, subventions et prêts, et d'une autre en produits et équipements divers (denrées alimentaires, tracteurs, outils de production, etc.).

Dans un espace économique « dollarisé » par les Accords de Bretton Woods, le plan Marshall fut conçu pour combler le « dollar gap », permettant ainsi aux Européens d'acheter aux États-Unis approvisionnements et équipements tout en assurant un débouché aux produits américains. En effet, en 1946, 42 % des exportations américaines ayant pris le chemin de l'Europe occidentale, un effondrement économique du « vieux continent » se serait répercuté sur l'économie américaine elle-même. Le secrétaire adjoint à l'économie, Will Clayton, l'exprimait ouvertement : « Disons, sans tourner autour du pot, que nos objectifs ont pour arrière-plan les besoins et les intérêts des États-Unis. Nous avons besoin de marchés, de gros marchés, pour y acheter et pour y vendre. »[2]

Cependant, l'objectif du plan Marshall n'était pas uniquement économique. Le gouvernement de Washington avait compris que la détresse des populations européennes faisait le jeu des partis marxistes alignés sur Moscou, en France et en Italie notamment où plus d'un quart de l'électorat votait communiste. Dès lors, l'injection de capitaux américains fut le complément économique de la doctrine du containment : endiguer l'influence soviétique par la création d'un espace de prospérité en Europe.

Les Soviétiques ne tardèrent pas à s'en rendre compte et, en octobre 1947, lors de la conférence fondatrice du Kominform, Andreï Jdanov, secrétaire du PCUS, réunit avec les délégués des neuf partis communistes européens, dénonça l'« impérialisme américain » qui, d'après lui, vassalisait les économies européennes en les plaçant sous la tutelle de Washington. Selon la doctrine Jdanov, le monde était désormais divisé en deux camps antagonistes : un « camp impérialiste et anti-démocratique » dont les États-Unis sont « la principale force dirigeante » et « un camp anti-impérialiste et démocratique », placé sous l'égide de Moscou.
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# Posté le lundi 14 avril 2008 09:06

Les deux blocs

Les deux blocs
La formation des blocs s'explique en partie par l'arme nucléaire que les États-Unis possèdent, mais pas l'URSS (qui l'aura bientôt cependant: en 1949). Chaque État, selon son idéologie, se range donc sous la protection de l'une ou l'autre des superpuissances : c'est le « parapluie nucléaire ». Le ralliement des États se fait par une série de pactes : c'est la « pactomanie », expliquant la rapide mise en place des blocs durant la Guerre froide. Un bloc se définit donc comme un ensemble de pays sous le parapluie nucléaire d'une superpuissance. Très vite, le monde se divise en deux blocs.
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# Posté le lundi 14 avril 2008 09:21
Modifié le lundi 14 avril 2008 11:27

La formation des démocraties populaires est ressentie par les pays occidentaux comme une menace. Ils réagissent.

La formation des démocraties populaires est ressentie par les pays occidentaux comme une menace. Ils réagissent.
Le bloc de l'ouest

La formation des démocraties populaires est ressentie par les pays occidentaux comme une menace. Ils réagissent

* politiquement : le 12 mars 1947, un an après le discours de Fulton, le président Harry Truman annonce sa politique de containment (endiguement) du communisme, aussi appelée la doctrine Truman, qui considère l'opposition ouest/est de manière manichéenne, comme un conflit entre deux systèmes antinomiques : démocratie contre totalitarisme. Cependant, lors de la Guerre froide, beaucoup de dictatures d'extrême droite d'Amérique latine et d'Europe (Espagne, Portugal et Grèce) soutiennent les politiques américaines, qui sont vues comme un rempart face à la montée du communisme. Il s'agit donc plus d'une opposition "capitalisme contre communisme" que d'une opposition "démocratie contre totalitarisme".

* économiquement : à partir de 1947, les États-Unis mettent en œuvre le plan Marshall, aide économique pour la reconstruction de l'Europe, en tant que complément à la doctrine Truman.

* militairement : les États-Unis et leurs alliés créent un important réseau d'alliances défensives : l'Organisation des États américains (1948), le traité de Bruxelles (1948), le Pacte atlantique (1949) doté en 1950 d'une structure militaire, l'OTAN (avec mise en place des cellules clandestines du stay-behind), l'ANZUS (1951), l'OTASE (1954) et le Pacte de Bagdad (1955). Les pays signataires s'engagent à s'aider mutuellement en cas d'agression. En 1947, les services de renseignements des États-Unis, du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande signent l'accord UKUSA, dans le cadre duquel le système d'écoute planétaire Echelon sera mis en place dans les années 1970.

Le bloc de l'est

* politiquement : en septembre 1947, en réponse à la doctrine Truman et au Plan Marshall, qui d'après eux vise « à l'asservissement économique et politique de l'Europe », les Soviétiques mettent en place le Kominform ou Comité d'information des partis communistes. Le but officiel de cet organisme est « l'échange des expériences et la coordination de l'activité des partis communistes ». Lors de la réunion constitutive, Jdanov, dans la même perspective manichéenne que Truman, formule la doctrine soviétique en matière de politique internationale : le monde serait désormais divisé en deux camps hostiles, le camp anti-impérialiste et démocratique et le camp impérialiste et antidémocratique ; l'URSS est le leader du camp démocratique, alors que les États-Unis sont à la tête du camp impérialiste.

* économiquement : en janvier 1949, suite à la création de l'OECE, l'URSS fonde le Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM, en anglais COMECON), qui est chargé de coordonner les économies des démocraties populaires et de planifier les échanges commerciaux entre elles.

* militairement : en mai 1955, suite à l'admission de la RFA dans l'OTAN, l'URSS crée le pacte de Varsovie, qui officialise l'autorité soviétique sur les armées des démocraties populaires.


# Posté le lundi 14 avril 2008 09:30
Modifié le vendredi 09 mai 2008 02:55

Le communisme

Le communisme
Au niveau théorique, le communisme est une conception de société sans classe, une organisation sociale sans État, fondée sur la possession commune des moyens de production et qui peut être classée comme une branche du socialisme. Il part de l'adage « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».

Au niveau politique, le communisme désigne une variété de mouvements qui affirment chercher à établir à terme une telle société. Parmi les communistes, on trouve une considérable variété d'interprétations, principalement portées par les courants marxistes, mais aussi anarchistes et chrétiens. La première division s'est opérée entre anarchisme et marxisme au sein de la Première Internationale. Néanmoins, les courants communistes qui se sont le plus distingués par leur influence sur l'ordre politique mondial depuis le début du XXe siècle sont d'influence marxiste, directement (Manifeste du Parti communiste) ou indirectement (léninisme). La lutte des classes joue un rôle central dans la théorie marxiste (et également dans d'autres tendances communistes). L'établissement du communisme correspond dans cette théorie à la fin de toute lutte des classes, la division des êtres humains en classes sociales ayant disparu.

Karl Marx, défendant la nécessité de l'autonomie du mouvement ouvrier et de l'internationalisme, soutenait que la société ne pouvait d'un coup être transformée depuis le mode de production capitaliste vers le mode de production communiste. Elle nécessitait une période de transition que Marx a parfois décrit comme la période révolutionnaire de dictature du prolétariat. Dans le Manifeste du Parti communiste, il définit le communisme comme « une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous[1] ». La société communiste imaginée par Marx, émergeant d'un capitalisme largement développé, n'a jamais été établie, et demeure théorique.

Au niveau historique, le mot « communisme » est souvent utilisé pour désigner les régimes politiques et économiques gouvernés par des partis se réclamant du communisme. Certains de ces régimes se revendiquaient comme des « dictatures du prolétariat ».

La notion de communisme est très controversée et désigne souvent des réalités différentes selon les personnes qui l'utilisent. Le concept de communisme est l'objet d'un débat sémantique, selon deux axes qui interfèrent :

* lutte « interne », entre communistes revendiqués (qui peuvent s'opposer politiquement et théoriquement), divers courants s'attribuent le terme parfois à l'exclusion des autres ;
* lutte « externe », entre anti-communistes et communistes : les premiers rendent responsable l'idéologie communiste des désastres environnementaux, humains et sociaux ou des crimes de masse commis ou provoqués par les régimes communistes. Les seconds répondent qu'ils n'étaient pas liés à l'idéologie communiste et considèrent que ces États n'étaient pas communistes; pour eux, le communisme reste un projet de société qui n'a jamais été réalisé. Ils mettent ces crimes et désastres écologiques sur le fait du totalitarisme, du productivisme ou bien encore pour une partie d'entre eux sur le stalinisme et ses dérivés.
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# Posté le mercredi 16 avril 2008 11:37
Modifié le lundi 21 avril 2008 11:43

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