Le Danemark
Après la guerre, en raison de la menace de l'URSS et des leçons de la Seconde guerre mondiale, le pays abandonne sa politique de neutralité. Le Danemark devient membre fondateur de l'Organisation des Nations unies et de l'OTAN, même s'il a tout d'abord essayé de former une alliance indépendante avec la Norvège et la Suède.
En 1948, les Îles Féroé obtiennent un statut d'autonomie. En 1953, d'autres réformes politiques sont effectuées avec l'adoption d'une nouvelle constitution: le Landsting, la chambre haute du parlement, est supprimé, le statut de colonie du Groenland est aboli et les femmes obtiennent le droit de monter sur le trône.
En 1972, les Danois acceptent par référendum de rejoindre la Communauté européenne et le Danemark en devient membre le 1er janvier 1973. Depuis lors, le Danemark est un membre hésitant de l'Europe, rejetant de nombreuses propositions et refusant notamment par référendum le traité de Maastricht le 2 juin 1992 (50,7% de votes négatifs) et l'Euro le 28 septembre 2000 (53,2% de votes négatifs).
La Suède
Après la Seconde Guerre mondiale et le traité de Rome de 1957 instituant la Communauté européenne, la Suède était réservée quant à la perspective d'établissement d'une union douanière et d'un marché commun entre les pays européens. Elle a intégré l'association européenne de libre-échange (AELE) avec six autres pays européens (1960).
La Suède a fait figure de pionnier sur la protection de l'environnement. Elle a accueilli le premier sommet de la Terre, qui a eu lieu à Stockholm en 1972.
La Suède ne fait pas partie des pays qui ont signé le traité de Maastricht en 1992. Elle a intégré l'Union européenne par le traité de Corfou en 1994. Elle est sortie à cette occasion de l'AELE, et continue d'appliquer les accords de libre-échange avec l'EEE en tant que membre de la Communauté européenne.
Il faut noter que la Suède est également pionnière dans le déploiement du réseau internet, puisqu'elle accueille l'un des 13 serveurs racines du DNS à Stockholm, l'un des deux serveurs européens avec celui de Londres (anycast).
Le Conseil européen de Gôteborg a précisé en 2001 la stratégie européenne dans les systèmes d'information, en incluant des orientations de développement durable dans la stratégie de Lisbonne définie un an plus tôt.
Le peuple suédois a refusé l'adoption de l'euro par référendum le 14 septembre 2003, quatre jours après l'assassinat du ministre des affaires étrangères Anna Lindh.
La Norvège
Depuis la Seconde Guerre mondiale la Norvège a vu une expansion économique rapide et est aujourd'hui parmi les pays les plus riches du monde, avec une politique sociale très développée. Le progrès économique s'explique en partie par la découverte et le développement de grandes réserves de pétrole et de gaz naturel sur sa côte. La Norvège est classée première sur l'indice de développement humain (ex-æquo avec l'Islande). Elle est aussi déclarée le pays le plus en paix du monde par le Global Peace Index. Elle est membre fondateur de l'OTAN.
La Finlande
Après la guerre, la ligne Paasikivi de neutralité stricte fait de la Finlande une plaque tournante des relations Est-Ouest. Elle ne peut pas en effet se ranger dans l'un ou l'autre bloc en vertu des accords passés à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Contrairement à des idées parfois répandues en France, la Finlande n'était donc pas communiste, mais ne pouvait pas se joindre au bloc de l'Ouest sous peine de mécontenter son puissant voisin. La politique de la Finlande se tourne ainsi résolument vers la neutralité qui lui permit de traverser sans trop d'encombres cette période délicate. Encore aujourd'hui les Finlandais hésitent à adhérer à l'OTAN afin de respecter leur neutralité politique.
La Finlande devient rapidement un pays très prospère. Son développement subit néanmoins une crise majeure dans les années 1980 et 1990, alors que le chômage touche 20% de la population active. Mais grâce à une relance de l'activité dans le secteur des nouvelles technologies (Nokia, F-Secure et des laboratoires de biotechnologie par exemple), elle renoue avec la croissance et atteint un taux de chômage inférieur à la moyenne de l'Union européenne. Finalement, la Finlande adhère à cette dernière en 1995 et participe à la zone euro dans laquelle ses billets et pièces ne représentent qu'environ 2% du total mis en circulation.
L'Islande
L'Islande était libre, mais toujours occupée par les troupes américaines. Contrairement aux obligations contractuelles, le gouvernement des États-Unis, voyant venir la guerre froide et profitant de la position stratégique de l'Islande, ne voulut pas rapatrier ses troupes à la fin de la guerre, et réclama même des bases permanentes dans le pays. Le gouvernement islandais refusa. Un compromis fut signé en 1946 : les États-Unis garderaient le contrôle de l'aéroport de Keflavik pendant 6 ans et demi. En 1951, pendant la guerre de Corée, les États-Unis obtinrent la permission de faire stationner des troupes en Islande, mais cette fois sous la bannière de l'OTAN. En 1985, le Parlement islandais a interdit tout passage d'arme atomique sur son sol. Jusqu'à la fin des années 1980, les États-Unis avaient dépêché 3000 hommes pour veiller à la sécurité de l'Islande, ils n'étaient plus que 1900 en 2006, quand le président américain a décidé de les retirer. La base américaine de Keflavik, est en effet depuis le 30 septembre 2006 vide, les 1900 hommes que cette dernière comptait, ont réintégré les États-Unis. Le ciel islandais était protégé par 4 chasseurs F15, lesquels étaient approvisionnés par un avion ravitailleur KC 135. Seule demeure opérationnelle une station radar et ce jusqu'au 15 août 2007, des négociations doivent avoir lieu pour connaître son devenir. Néanmoins, dans le cadre de l'accord bilatéral de 1951, les États-Unis, s'engagent à intervenir en Islande si besoin est.