La Hongrie

La Hongrie
L'insurrection de Budapest

Évènements d'octobre à décembre 1956

* 22 octobre : Suite à l'accession au pouvoir de Gomulka en Pologne, des meetings se tiennent à l'encontre du gouvernement. Une manifestation est appelée pour le lendemain.
* 23 octobre : Plus de 100 000 manifestants à Budapest. La statue de Staline est abattue par la foule. Le Parti des travailleurs hongrois (pro-russe et resté stalinien) fait tirer sur la foule et demande l'aide de l'armée soviétique.
* 24 octobre : Imre Nagy (ancien membre du Parti communiste, exclu de celui-ci) est appelé à la tête du gouvernement, il a pour but de sortir son pays du Pacte de Varsovie. Il gouverne avec le nouveau secrétaire du Parti.
* 25 octobre : Formation de conseils ouvriers pour « un socialisme démocratique ».
* 26 octobre : Une partie de la police et de l'armée s'insurge et passe du côté des conseils, qui prennent le pouvoir dans plusieurs villes. Imre Nagy les reçoit mais leur demande de déposer les armes. Plusieurs radios sont prises par les conseils ouvriers.
* 27 octobre : Imre Nagy proclame la fin du parti unique. Formation d'un gouvernement de coalition.
* 1er novembre : La Hongrie se déclare neutre au plan international.
* 2 novembre : Le conseil de Borsod-Miskolc demande l'élection d'un « conseil révolutionnaire national » prenant la place du parlement.
* 3 novembre : Arrestation des dirigeants armés des insurgés.
* 4 novembre : Les troupes russes envahissent la Hongrie. János Kádár prend la tête d'un gouvernement pro-russe. Grève générale contre l'intervention militaire. Combats dans tout le pays.
* 15 novembre : Radio-Rajk, qui est aux mains des insurgés, proclame : « Les canons russes ont ruiné en Hongrie la démocratie et le communisme. Camarades, tout vrai communiste hongrois a sa place maintenant aux barricades ! ».
* 15 novembre : Fin des combats, victoire militaire des troupes russes. La révolte est matée.
* 21 novembre : L'armée russe empêche la réunion des délégués des conseils ouvriers, qui devait se tenir à Budapest.
* 22 novembre : Imre Nagy est arrêté par les troupes russes. Il sera pendu le 16 juin 1958.
* 5 décembre : Les membres des conseils sont arrêtés en masse.
* 9 décembre : Le gouvernement commence à dissoudre les conseils ouvriers.
* 17 décembre : Début des condamnations à mort contre les participants à l'insurrection.
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# Posted on Monday, 21 April 2008 at 3:48 AM

Imre Nagy

Imre Nagy
Le 13 juin 1953, dans le cadre de la déstalinisation, il remplace Mátyás Rákosi au poste de premier ministre. Il met en route une politique de réforme radicale et devient pour beaucoup de Hongrois celui qui portait l'espoir d'un avenir meilleur. Il préconise l'idée d'une « Nouvelle voie », rappelant quelque peu la NEP de Lénine et précurseur du « Socialisme à visage humain » d'Alexander Dubček. Cette politique déplait aux caciques du Parti et le groupe stalinien de son prédécesseur Rákosi s'y oppose radicalement. Ayant perdu le soutien du Politburo de Moscou, Imre Nagy est relevé de ses fonctions le 14 avril 1955 par la direction du Parti communiste Hongrois et est quelques mois plus tard exclu du parti. La plupart de ses réformes sont annulées dans la phase de restauration qui s'ensuit.

En février 1956, le « discours secret » de Nikita Khrouchtchev mettant en cause ouvertement le stalinisme fait boule de neige dans les pays du bloc communiste : on exige maintenant une révision de la ligne du Parti en Pologne où éclatent les émeutes de Poznan, à Budapest on remplace à la présidence du Parti, le stalinien Matyás Rákosi par Ernő Gerő. Mais cela ne suffit pas pour apaiser le mécontentement, en particulier celui des étudiants et des intellectuels.

En Hongrie, le 23 octobre 1956, les protestations étudiantes — officiellement entamées pour soutenir les ouvriers de Pologne — tournent à l'insurrection populaire. Le comité central du Parti communiste appelle une nouvelle fois Imre Nagy à la tête du gouvernement. Le 28 octobre, Nagy est nommé ministre-président. Il forme un gouvernement pluripartite et exige une démocratie parlementaire, retire ses armées du Pacte de Varsovie le 31 octobre et, le 1er novembre, proclame la neutralité de la Hongrie auprès des instances de l'ONU tout en appelant les grandes puissances à la garantir.

C'est énorme et audacieux en pleine guerre froide, mais sans le soutien de Moscou, c'est peu ou rien. Si l'armée et la police hongroises se rangent à ses côtés, il reste des troupes russes stationnées en Hongrie. Imre Nagy négocie avec Moscou pour obtenir une sorte de statut spécial pour son pays. Secrètement János Kádár, l'ennemi de Nagy, s'entend avec les Soviétiques et prépare un coup d'État soutenu par les troupes russes prêtes à marcher vers l'ouest, proclamant illégal le gouvernement de Nagy.

Le 4 novembre 1956, les chars soviétiques entrent en Hongrie et noient dans le sang l'insurrection populaire. La bataille, qui dure à Budapest jusqu'au 15 novembre, coûte la vie à environ 20 000 Hongrois. Malgré ce qu'avait annoncé Radio Free Europe, l'Occident n'intervient pas.

Nagy organise la résistance en Hongrie occidentale et laisse ouvertes certaines routes vers l'Autriche par lesquelles, jusqu'au 21 novembre 1956 environ, 210 000 Hongrois quittent le pays. Lui-même trouve asile dans l'enceinte de l'ambassade de Yougoslavie qui est, 3 semaines durant, cernée par les chars. Assuré d'un sauf-conduit par Kádár, le nouveau chef du gouvernement, Imre Nagy quitte l'ambassade le 22 novembre 1956 mais est immédiatement arrêté par le KGB avec ses compagnons et déporté en Roumanie.

Son procès se déroule deux ans plus tard. À la fin d'un simulacre de procès, il déclare : « Je suis sûr que le mouvement ouvrier international et le peuple hongrois me réhabiliteront. Je suis la victime d'une grave erreur de justice. Je ne demande pas à être gracié ». Après sa condamnation pour « conduite contre-révolutionnaire », Nagy est exécuté le 16 juin 1958 dans la prison de Budapest par pendaison.
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# Posted on Monday, 21 April 2008 at 3:52 AM

Edited on Monday, 21 April 2008 at 9:37 AM

La Tchécoslovaquie

La Tchécoslovaquie
La République socialiste tchécoslovaque en tant que telle n'est instaurée constitutionnellement que le 11 juillet 1960, mais il ne s'agit que de la traduction dans les textes du putsch communiste qui, dans les faits, a lieu en février 1948.

Le Printemps de Prague, en 1968, qui vise à instaurer un « socialisme à visage humain » se solde par l'invasion des troupes du Pacte de Varsovie et se poursuit par une période de durcissement politique et idéologique, la « Normalisation ».

Agitée par les revendications nationalistes des Slovaques, la République socialiste tchécoslovaque devient formellement une république fédérale à partir du 1er janvier 1969. Dans les faits, le nom de la République ne change pas et le pouvoir, dévolu dans les textes entre les parlements tchèque, slovaque et fédéral, reste aux mains du parti communiste lequel est aux ordres de Moscou, ainsi que du conseil présidé par Matthieu Tettling.

Elle prend fin avec la Révolution de velours, le 28 novembre 1989 quand le parti communiste annonce qu'il abandonne sa mainmise sur le pouvoir politique. Le 10 décembre un nouveau gouvernement est formé.
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# Posted on Monday, 21 April 2008 at 3:59 AM

Le Printemps de Prague

Dans les années 1960, la Tchécoslovaquie, qui fait partie du bloc soviétique, est dirigée par Antonín Novotný, qui se trouve également à la tête du Parti communiste tchécoslovaque (PCT) entre 1953 et 1968. Ce dernier entame un processus de déstalinisation moins rapide que dans les autres pays d'Europe de l'Est : les victimes des procès de Prague (1952), qui visaient l'élimination de communistes de la première heure comme Rudolf Slánský, sont réhabilitées dans les années 1960. À l'instar de Nikita Khrouchtchev en URSS, Novotný annonce l'aboutissement du socialisme. Par la constitution de 1960, le pays prend le nom officiel de « République Socialiste de Tchécoslovaquie » (Československá socialistická republika ou ČSSR). Le régime se caractérise par l'absence de démocratie, un parti unique et une répression des opposants par la police et le service des renseignements, la Sécurité d'État tchécoslovaque. La censure frappe les écrivains et les artistes.

L'économie est planifiée, la production industrielle stagne et le secteur agricole accuse un retard important. En octobre 1964, le parti publie les principes pour une réforme économique majeure. Au début de 1965, il commence à mettre en ½uvre certaines des mesures recommandées. En juin 1966, le treizième congrès du parti communiste donne son feu vert au nouveau programme appelé « Nouveau modèle économique » (qui rappelle la Nouvelle politique économique léniniste de 1921).

Implanté en 1967, cette réforme comporte de multiples facettes dont certaines (faute de temps) ne seront jamais mises en place, son principe de base étant de réduire le rôle et le pouvoir du Comité de planification centrale et de donner une plus grande marge de man½uvre aux responsables des entreprises :

* le rôle du Comité de la planification centrale est consultatif et se limite à la définition des objectifs à long terme et aux orientations stratégiques : les entreprises sont libres de définir leurs objectifs à court terme ;
* les entreprises ont un devoir de rentabilité et doivent réaliser des profits sur leur production plutôt que de remplir les objectifs quantitatifs et qualitatifs du Plan, devient le critère d'évaluation des entreprises ;
* l'État doit graduellement cesser les subventions : les investissements doivent être financés par les entreprises elles-mêmes via le recours à l'emprunt portant intérêt et doivent justifier d'un retour sur investissement afin que cesse la gabegie des ressources financières ;
* l'appareil de production sera progressivement mis en compétition avec la concurrence internationale afin qu'il augmente sa productivité et baisse ses prix ;
* les exportations vers l'Ouest sont encouragées afin de se procurer des devises ;
* un système de fixation des prix plus réaliste doit remplacer la fixation centralisée ; les prix doivent refléter les coûts de production réels, offre et demande tant locale que mondiale ;
* finalement, les salaires doivent être revus et inclure un intéressement basé sur la performance individuelle ou collective au niveau de l'entreprise : c'est la fin de l'égalitarisme.

Le gouvernement fusionne certaines entreprises selon un principe sectoriel ressemblant fort aux trusts ou aux cartels, dirigés par des « directoires de branche ». Ces grandes unités de production forment un lien intermédiaire entre les entreprises et les ministères et constitue en quelque sorte un contre-pouvoir économique. Au printemps 68, le gouvernement autorise les entreprises à inciter les travailleurs à participer au management de leur société via des comités d'entreprise.

Ce versant économique du socialisme à visage humain ne vise pas l'économie de marché ni le renversement du socialisme, mais constitue un réformisme socialiste. Cette tentative de réforme de l'économie engagée en 1965 suscite dans la population une aspiration à des changements politiques.
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# Posted on Monday, 21 April 2008 at 4:03 AM

Edited on Friday, 25 April 2008 at 11:54 AM

Alexander Dubcek

Alexander Dubcek
Alexander Dubček nait à Uhrovec en Slovaquie. Il est élevé au Kirghizstan, son père ayant quitté les États-Unis à la fin des années 1920 suite à la Grande Dépression pour rejoindre une coopérative espérantiste.

Pendant la guerre, il entre dans la résistance après avoir rejoint le Parti communiste slovaque en 1938.

Il entre au Collège politique à Moscou en 1955 et est diplômé en 1958.

Une génération après la prise du pouvoir en février 1948, le Parti Communiste perd du terrain et, avec quelques autres réformateurs (dont Ota ¦ik), Dubček lance le Printemps de Prague en pronant un Socialisme à visage humain. Assurant Moscou de son soutien inconditionnel, il est cependant rapidement débordé par les aspirations de ses concitoyens et notamment de la jeunesse qui comme en France aspire à une évolution nouvelle de la société. Le Printemps de Prague prend fin le 21 août 1968 avec l'invasion des armées du Pacte de Varsovie et l'appel de Dubček à ne pas prendre les armes.

Il est exclu du Parti Communiste en 1970 et ne rejoindra la vie politique qu'à la Révolution de velours en soutenant Václav Havel, même s'il est perçu comme faisant partie de l'arrière-garde en prônant une vision socialiste humaniste.

Il décède à Prague le 7 novembre 1992 des suites d'un accident de la route. Il était considéré comme un « tchécoslovaquiste », opposé à la partition de la Tchécoslovaquie entre la Tchéquie et la Slovaquie et en faveur du maintien de l'option fédérale.
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# Posted on Monday, 21 April 2008 at 4:04 AM