La Pologne

La Pologne
Officiellement classée parmi les vainqueurs, la Pologne ne retrouve pas pour autant la liberté - elle passe d'un régime totalitaire à un autre, avec la bénédiction de l'Occident. Les Soviétiques conservent la partie orientale du pays, peuplée majoritairement par les Ukrainiens, annexée en 1939, et le territoire polonais « glisse » vers l'ouest, en absorbant le sud de la Prusse orientale, la Poméranie et la Silésie, allemandes depuis plusieurs siècles. Le pays devient une « démocratie populaire » sous la tutelle de Moscou, et membre du Pacte de Varsovie. Il en sera néanmoins un membre atypique, avec un clergé puissant, le maintien de la petite propriété rurale, et une relative liberté d'expression, notamment dans le cinéma.

La période communiste est jalonnée de révoltes ouvrières. En 1956 à Poznan des émeutes ouvrières forcent Khrouchtchev, premier secrétaire du PCUS, à accepter la nomination de Gomulka à la tête du Parti Ouvrier Unifié Polonais. Celui-ci mène, avec l'appui du peuple et de l'armée, une révolution en douceur (décollectivisations massives dans l'agriculture, légalisation des conseils ouvriers, abolition de la censure ...). L'intervention de l'Armée rouge visant à réprimer une telle dissidence est évitée lorsque Gomulka déclare que le gouvernement multipartiste qu'il a mis en place n'est ni anti-soviétique, ni anti-communiste. La plus grande des révoltes ouvrières reste celle menée en 1980 par Lech Wałęsa au sein du syndicat non-communiste Solidarność, qui ébranle le bloc soviétique à cause de la réelle opposition au régime qu'il constitue, tout comme l'élection de l'évêque de Cracovie Karol Wojtyła au trône papal en 1978. Le général Wojciech Jaruzelski assure l'ultime reprise en main communiste en proclamant l'état de guerre en 1981 (il déclarera plus tard que cette décision a empêché une intervention de l'Armée soviétique).

# Posted on Monday, 21 April 2008 at 11:05 AM

Le Pacte de Varsovie

Le Pacte de Varsovie
Le Pacte de Varsovie était dominé par l'URSS. Les tentatives d'abandon du pacte par les autres pays furent écrasées par la force à plusieurs reprises. Ainsi, durant la Révolution hongroise de 1956 : la Hongrie projetait de quitter le pacte et de devenir neutre durant la Guerre froide, mais en octobre 1956, l'Armée rouge intervint et élimina toute résistance en deux semaines.

Les forces du Pacte de Varsovie furent également utilisées lors du Printemps de Prague de 1968, quand elles envahirent la Tchécoslovaquie pour mettre un terme à la réforme démocratique que le gouvernement était en train de s'implanter. Cela mit en lumière la politique soviétique qui gouvernait le pacte. La Doctrine Brejnev, qui disait « Quand des forces hostiles au socialisme cherchent à faire dévier des pays socialistes vers le capitalisme, cela devient un problème, non seulement de la nation intéressée, mais un problème commun à tous les pays socialistes. » Après l'invasion de la Tchécoslovaquie, l'Albanie se retira le 13 septembre 1968 du Pacte qu'elle avait déjà cessé de supporter depuis la fin de 1962. Ce retrait fut rendu possible par l'isolement géographique de ce pays par rapport aux autres membres du pacte, puisque l'Albanie ne partageait ses frontières qu'avec la Grèce et la Yougoslavie.

Les nations appartenant à l'OTAN et au Pacte de Varsovie ne se sont jamais affrontées directement dans un conflit armé, mais se sont combattues indirectement dans le cadre de la Guerre froide durant plus de 35 ans. En décembre 1988, Mikhail Gorbachev, président de l'Union soviétique, annonça la soi-disante Doctrine Sinatra qui sanctionnait l'abandon de la Doctrine Brejnev et la liberté de choix pour les États est-européens. Quand il apparut que l'URSS n'emploierait pas la force pour imposer sa politique, il s'ensuivit une série de changements politiques rapides. Les nouveaux gouvernements de l'Europe orientale ne soutinrent plus la politique du Pacte et, en janvier 1991, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et la Pologne annoncèrent leur retrait du Pacte pour le 1er juillet. La Bulgarie se retira en février lorsqu'il apparut que le Pacte était mort. L'URSS reconnut l'état de fait et le Pacte fut dissout officiellement lors d'une réunion à Prague le 1er juillet 1991.

De gauche à droite: T. Zhivhov (Bulgarie), N. Ceausescu (Roumanie), G. Husak (Tchécoslovaquie), M. Gorbatchev (URSS), J. Kadar (Hongrie), W. Jaruzelski (Pologne) et E. Honecker (RDA), lors du sommet des membres du Pacte de Varsovie, en 1986.

# Posted on Monday, 21 April 2008 at 11:07 AM

La Roumanie

La Roumanie
La "République populaire" est proclamée le jour même du départ du roi. Fait remarquable, les maquis qui avaient lutté contre le fascisme continuent le combat contre le communisme dans les montagnes et le delta du Danube jusqu'à la mort de tous leurs membres, à la fin des années cinquante. Le communisme en Roumanie connaît trois périodes.

Sous l'égide de Gheorghe Gheorghiu-Dej c'est d'abord un "Communisme d'épuration" qui de 1945 à 1953 persécute des centaines de milliers de paysans hostiles a la collectivisation des terres et aux réquisitions, les communistes tels Lucreţiu Pătrăşcanu, Stefan Floris Ana Pauker et Vasile Luca et emprisonne d'anciens membres du gouvernement de Ion Antonescu le dictateur fasciste et des partis d'opposition et du clergé roumain. Au bout de ce "Communisme d'épuration", le Parti communiste, est passé de 1.200 à 90.000 membres, et ne rencontre plus aucune opposition. De plus, il a "nationalisé la mafia et réduit ainsi la "délinquance à zéro. en 1949 la République populaire de Roumanie adhère au conseil d'assistance économique mutuelle. Pendant cette période les Présidents de la Roumanie sont Mihail Sadoveanu, Constantin Parhon et Petru Groza.

Toujours sous l'égide de Gheorghe Gheorghiu-Dej, c'est cette fois-ci un "Communisme de consolidation de 1953 à 1965: Joseph Staline meurt le 5 mars 1953. De 1954 à 1955 Gheorghe Gheorghiu-Dej est remplacé à la tête du Parti Communiste Roumain par Gheorghe Apostol avant de reprendre la tête du Parti communiste en 1955 cette même année la Roumanie adhère au pacte de Varsovie. Un an plus tard en 1956 Nikita Khrouchtchev lance la déstalinisation lors du XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique. Gheorghe Gheorghiu Dej décide alors de mener une déstalinisation limitée. A partir de 1963 La République Populaire de Roumanie établit des relations diplomatiques et économiques avec Les États-Unis qui font de la Roumanie un pays communiste privilégié.

Sous Nicolae Ceauşescu qui succède à Gheorghiu-Dej suite à la mort de ce dernier en 1965 ce sera, un "national-communisme" indépendant de l'URSS, mais strictement totalitaire à l'intérieur. cinq mois après son arrivée au pouvoir Ceauşescu fait voter une nouvelle constitution le 21 Août 1965 qui donne naissance à la République socialiste de Roumanie. en 1966 Ceausescu fait voter le décret 770 régulant l'avortement en Roumanie. A partir de 1971 après son retour de voyage de Chine et de Corée du Nord. Nicolae Ceausescu instaure une révolution culturelle en Roumanie et un culte de la personnalité digne du dirigant nord-coréen Kim il-sung se développe la Securitate fusille beaucoup moins que lors de la période stalinienne, mais la misère, la pénurie, le froid et le manque de soins tuent beaucoup de citoyens. Ceausescu accentue l'industrialisation à marche forcée, ce qui provoque une dette extérieure énorme dont le remboursement implique des restrictions dont même les plus ultra-libéraux et les plus anti-sociaux des experts du F.M.I. n'osent rêver. En outre, le vaste progamme de Systématisation dans un style arcitectural qualifié de mégalomane pour créer l'homme communiste nouveau qui conduit à la destruction puis à la reconstruction de la capitale Bucarest. Le fameux "Palais du Peuple", aujourd'hui siège du Parlement roumain, est le deuxième plus grand bâtiment au monde après le Pentagone aux États-Unis: mais il restera inachevé. La politique de régroupement de villages qui acheva de révolter l'ensemble de la population, à partir de 1988. Des centaines de villages agricoles roumains, âme profonde du pays, sont détruits et la population est relogée dans des immeubles collectifs à la campagne, où sanitaires, cuisines et points d'eau sont collectifs.

Le régime communiste était soutenu de l'extérieur par une partie des opinions occidentales, et notamment par de nombreux intellectuels; en outre Ceauşescu se rendra populaire aux yeux des démocraties occidentales en refusant en 1968 de participer à l'écrasement du printemps de Prague par les troupes du Pacte de Varsovie.
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# Posted on Monday, 21 April 2008 at 11:16 AM

Ceaucescu

Ceaucescu
La Deuxième Guerre mondiale divise l'Europe entre les vainqueurs, la Roumanie échéant à l'empire soviétique dont elle constitue un des états satellites jusqu'à la chute du Mur de Berlin. L'armée soviétique y abolit la monarchie constitutionnelle en 1949 et installe au pouvoir une dictature de type staliniste, remplacée à la mort du dictateur en puissance, Gheorghe Gheorghiu-Dej, par la dictature personnelle de Nicolaie Ceausescu et de sa femme Elena. Fils de paysans analphabètes, sémianalphabète lui-même, Nicolaie Ceausescu doit son ascension à son mentor, le dictateur Gheorghiu-Dej, dont il devient le compagnon pendant les anées d'activité politique illégale puis le successeur désign^eacute; à la pr^eacute;sidence du parti communiste, ainsi qu'au mariage politique avec Elena Petrescu, fille d'activistes de longue date, qui lui apporte l'appui de son clan dans l'acquisition du pouvoir suprême. Tout aussi obtuse que son mari, ambitieuse et manquant totalement de scrupules, Elena Ceausescu devient une figure de proue du régime dictatoriel dont l'influence désastreuse sur la culture nationale est encore ressentie et dont les actes politiques égalent en férocité ceux du dictateur lui-même. Le couple consolide son pouvoir pendant les premières dix années de leur r´gne en promuant une politique nationaliste qui vise l'émancipation du pays par rapport à l'empire soviétique, politique qui se lance par le refus de l'état roumain de participer à l'invasion de la Tchéckoslovaquie en 1968 et qui leur assure le support populaire massif ainsi que le prestige international dont ils ont besoin pour contrecarrer les tendences dissidentes au sein du parti communiste local. La famille Ceausescu s'installe dans tous les postes clé de l'administration, de l'armée et de la police secréte et, au cours de la deuxième dêcennie, le pouvoir se trouve entièrement entre les mains de Nicolaie et Elena Ceausescu qui usurpent fonctions et distinctions académiques pour mieux se légitimer en tant que dirigeants du destin national. La mégalomanie, le népotisme et le manque de vision politique du couple entraènent le pays dans une isolation totale, surtout après que le modèle des dictatures communistes Extrême Orientales commence à y être appliqué. Les frontières se ferment, la culture occidentale est bannie, la croissance de la population est réglée par un décret qui interdit l'avortement et l'usage des anticonceptionnels aux femmes en dessous de 45 ans, le service militaire devient obligatoire pour tous les jeunes, hommes et femmes, entre 18 et 26 ans, on assiste à la création d'une Garde Nationale faite de civils, dans la capitale les monuments historiques sont démolis pour faire place au Palais du Peuple, la "cité interdite" de Ceausescu, les villages sont détruits pour faire place à des complexes urbains destinés aux "travailleurs de la terre", le culte religieux est remplacé par le culte de la personnalité et toutes les ressources économiques du pays sont versées dans les constructions pharaoniques vouées à la gloire du dictateur ainsi que dans les mammouths industriels artificiellement maintenus en vie en dépit des lois du marché. En 1989 la Roumanie n'a plus d'électricité que deux ou trois heures par jour, les aliments de base sont rationnalisés comme en temps de guerre, même pour les agriculteurs dont l'état réquisitionne les récoltes, les orphelinats geignent d'enfants abandonnés, la santé publique se détériore au point d'atteindre le taux le plus élevé de tuberculose et de syphillis dans le contexte européen moderne, la liberté de déplacement et de parole sont complètement suspendues et la corruption fait rage à tous les niveaux de la société.
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# Posted on Monday, 21 April 2008 at 11:22 AM

La Bulgarie

La Bulgarie
4 février 1946 : Arrestation du leader social-démocrate Pastuhov.

31 mars 1946 : Un remaniement ministériel permet de renforcer la mainmise des communistes sur le pouvoir. Une nouvelle réforme agraire permet de redistribuer en avril 330 000 ha.

8 septembre 1946 : Les Bulgares choisissent par référendum un régime républicain (92,7 % des suffrages). Le jeune roi Siméon part en exil et, le 15 septembre suivant, l'Assemblée élit président de la République à titre provisoire le communiste Vassil Kolarov.

27 octobre 1946 : Le Front de la patrie obtient 70 % des voix lors de nouvelles élections dont la régularité apparaît douteuse aux dirigeants occidentaux. Le Parti ouvrier bulgare (communiste) dispose à lui seul de la majorité absolue avec 275 sièges sur 468. Le gouvernement, composé pour moitié de communistes, est confié le 21 novembre au communiste Georges Dimitrov. Il prépare une nouvelle constitution inspirée du modèle soviétique.

10 février 1947 : La paix est officiellement rétablie entre la Bulgarie et les Alliés avec la conclusion du traité de Paris qui laisse à la Bulgarie la Dobroudja du Sud mais rétablit par ailleurs les frontières du traité de Neuilly. 75 millions de dollars d'indemnités de guerre doivent revenir pour les deux tiers à la Grèce et pour le reste à la Yougoslavie. Après le départ des missions d'observation britannique et américaine, la façade pluraliste du nouveau régime disparaît.

5 juin 1947 : Le principal leader de l'opposition, Nikola Petkov, est arrêté. Il est condamné à mort le 16 août et pendu le 23 septembre.

1er août 1947 : Vote d'un plan biennal prévoyant notamment la création de fermes collectives.

21 octobre 1947 : Une résolution de l'ONU condamne l'intervention de l'Albanie, de la Yougoslavie et de la Bulgarie au profit des communistes dans la guerre civile grecque qui se prolongera jusqu'en 1949.

4 décembre 1947 : Une nouvelle constitution est promulguée, inspirée de la constitution stalinienne de 1936. En février suivant, le Front de la patrie est réorganisé pour devenir un parti monolithique au sein duquel survit une fiction de courant agrarien dont l'existence est purement formelle alors que tout le pouvoir revient au Parti ouvrier bulgare qui prend officiellement le nom de Parti communiste en décembre 1948.

15 décembre 1947 : L'Armée rouge, une fois le nouveau régime solidement installé, évacue la Bulgarie.

18 mars 1948 : La Bulgarie, qui vient de nationaliser des pans entiers de son économie, signe un traité d'amitié avec l'URSS.

28 juin 1948 : La condamnation de la Yougoslavie formulée à Bucarest lors d'une réunion du Kominform (Bureau international d'information communiste créé en 1947) marque le début de la rupture entre Staline et Tito. À cette occasion, la Bulgarie se range dans le camp soviétique et fermera son ambassade à Belgrade au cours de l'été 1949.

Décembre 1948 : Présentation du premier plan quinquennal.

24 janvier 1949 : Création du Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM ou COMECON), qui vise à intégrer l'économie des différents pays du « bloc socialiste ».

2 juillet 1949 : Mort de Georges Dimitrov, ancien secrétaire général du Komintern de 1934 à 1843, qui fait figure de père fondateur de la Bulgarie communiste. Il est remplacé par Vassil Kolarov qui disparaît lui-même en janvier 1950, pour être remplacé par Valko Tchervenkov qui sera le parfait représentant du « stalinisme » en Bulgarie.

Décembre 1949 : Accusé de « titisme », le vice-premier ministre Trajco Kostov, disgracié en avril, est exécuté après un procès typiquement stalinien au cours duquel il était revenu sur ses « aveux ». Contre les communistes résistants de l'intérieur des années 40, ce sont ceux qui étaient alors réfugiés à Moscou et qui sont revenus dans les fourgons de l'Armée rouge qui s'imposent alors à Sofia.

Janvier 1954 : Tchervenkov qui entend prendre ses distances avec le « culte de la personnalité » (c'est la nouvelle ligne à Moscou après la mort de Staline survenue en mars 1953) conserve les fonctions de chef du gouvernement et abandonne celles de chef du Parti à Todor Jivkov.

14 mai 1955 : Création du Pacte de Varsovie, alliance militaire du bloc socialiste qui se veut une réponse au réarmement de l'Allemagne de l'Ouest par les Occidentaux.

14 décembre 1955 : La Bulgarie est admise à l'ONU.

1956 : Début de la déstalinisation. Tchervenkov n'est plus que vice-premier ministre, il s'efface devant un communiste historique mis à l'écart à l'époque des procès staliniens, Anton Jugov. Dans le même temps Jivkov garde la direction du Parti. Kostov est réhabilité, la censure s'allège et les relations avec la Yougoslavie titiste – réconciliée avec l'URSS depuis le voyage de Khrouchtchev à Belgrade (juin 1955) suivi d'une escale à Sofia – s'améliorent sensiblement.

1959 : Échec du plan quinquennal dont les dirigeants ont voulu accélérer la réalisation en s'inspirant du modèle du « grand bond en avant » chinois.

5-14 novembre 1962 : Le VIIIe Congrès du Parti écarte Tchervenkov et Jugov et fait de Jivkov – avec la bénédiction des Soviétiques assurés de sa docilité – « l'homme fort » du pays. Sous sa direction, la Bulgarie sera un pays satellite parfaitement aligné sur le « grand frère » soviétique, notamment à propos de la crise de Cuba en 1962, de la rupture avec la Chine ou de l'intervention en Tchécoslovaquie en 1968. La Bulgarie renoue alors prudemment des relations avec la Yougoslavie, la Grèce et la Turquie.

16 mai 1971 : Une nouvelle constitution, qui doit marquer l'entrée de la Bulgarie dans la phase du « socialisme avancé », est adoptée par référendum (99,6 % des suffrages). Jivkov, qui devient chef de l'État, confie la direction du gouvernement à Stanko Todorov qui demeure à ce poste jusqu'en 1981. La situation matérielle du pays évolue positivement au cours des années 70 et les conditions de la vie quotidienne s'améliorent. Les difficultés apparaissent au début des années quatre-vingts marquées par un ralentissement économique que des réformes inspirées du modèle hongrois ne peuvent enrayer, par l'image déplorable que donnent du régime l'assassinat à Londres, en septembre 1978, de l'écrivain Georgi Markov et l'attentat perpétré contre le pape Jean Paul II – même si, dans ce cas, la « filière bulgare » semble correspondre à une réalité assez floue. La volonté de « bulgariser », au nom de l'unité nationale, les noms des représentants de la minorité turque (11 % de la population) aboutit à l'inverse de l'effet recherché alors que l'accord de coopération signé en septembre 1975 avec la Turquie voisine avait nettement rapproché les deux pays.

1982-1985 : La mort de Leonid Brejnev, suivie de celles de Youri Andropov et de Constantin Tchernenko, a peu d'impact en Bulgarie mais les choses changent avec l'accès au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev qui souhaite exporter vers les pays satellites la perestroika et la glasnost mises en œuvre en URSS. Jivkov oppose aux demandes de réformes venues de Moscou une résistance passive qui apparaît bien vaine face à la vague de fond qui s'apprête à emporter le « bloc socialiste ».

Janvier 1989 : Visite à Sofia de François Mitterrand.

Février 1989 : Création du syndicat libre Podkrepa.

Septembre 1989 : Sous la pression de la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe issue des accords d'Helsinki de 1975, la Bulgarie accepte d'accorder des passeports à ses ressortissants d'origine turque. 320 000 personnes peuvent ainsi émigrer vers la Turquie voisine, ce qui déstabilise en partie l'économie du pays ; des mesures analogues, négociées avec la Turquie, avaient été décidées en 1950 et en 1968, correspondant respectivement à 155 000 et à 70 000 départs.

10 novembre 1989 : Jivkov est démis de ses fonctions à la tête du parti et de l'État et remplacé par Petre Mladenov qui entend s'inspirer de l'évolution en cours en URSS, au moment où, en Pologne, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, en RDA et bientôt dans la Roumanie voisine, les « démocraties populaires » sont emportées les unes après les autres.

Notre photo - Jivkov

# Posted on Monday, 21 April 2008 at 11:29 AM