Harold Macmillan (janvier 1957-1963), spécialiste des affaires économiques et financières, recherche le plein emploi contre l'avis de ses collaborateurs, qui doivent finalement démissionner. Il crée la Commission nationale de contrôle des revenus dans le cadre de sa politique subtile de croissance « sans inflation ». Il supervise de près la politique étrangère du pays, recherche un rapprochement avec l'Europe et explore les pistes d'une entrée dans la CEE. Il confirme sa politique de décolonisation en accordant l'indépendance au Ghana et à la Malaisie (1957), au Nigeria (1960), au Kenya (1963), mais maintient la présence britannique au Moyen-Orient (Irak, Oman). Il mène les Conservateurs à la victoire en octobre 1959. La technologie nucléaire (militaire) n'étant pas encore au point, il se rapproche des États-Unis pour l'améliorer (loi Mac Mahon, 1957). Il signe le traité d'interdiction partielle de tests nucléaires en 1962. Mais de Gaulle dit « non » et s'oppose à l'entrée de la Grande-Bretagne dans la Communauté économique européenne, De Gaulle est en effet en désaccord avec la politique britannique qu'il estime soumise à celle des États-Unis et qui répond à la tentative ratée du Royaume-Uni de créer une Alliance concurrente de la CEE. Il gèle les salaires en 1961 en raison d'un déficit dans la balance des paiements, ce qui provoque une baisse de popularité croissante et, malgré un changement de cabinet en 1962, doit démissionner en 1963.
La carrière politique d'Alec Douglas-Home (1963-1964) est originale et médiocre à la fois. Parlementaire, il doit abandonner son titre de comte à la chambre des Lords pour siéger aux Communes. Nommé Premier ministre, sa politique n'est pas une réussite.
Harold Wilson (1964-1970), chef du Parti travailliste, remporte les élections mais avec une faible majorité de cinq sièges. Ce n'est pas suffisant pour gouverner. Aussi, d'autres élections sont décidées en mars 1966. La majorité est alors plus nette (quatre-vingt-dix-neuf sièges). Il doit dévaluer la livre sterling en novembre 1967. Plusieurs anciennes colonies connaissent des crises (Rhodésie, futur Zimbabwe, et Afrique du Sud). Le gouvernement soutient les États-Unis dans sa guerre du Viêt Nam mais refuse d'y envoyer des troupes. Sa perception des problèmes socio-économiques nationaux est vécue comme inadéquate par le pays. Les marins font grève durant six semaines sitôt Wilson réélu en 1966, ce qui accroît ce sentiment.
Edward Heath (1970-1974) doit affronter la question de l'Irlande du Nord. Les premiers attentats éclatent, les morts tombent dans les « camps » catholiques et protestants. (Bloody Sunday, 1972 : quatorze hommes sont tués lors d'une manifestation catholique non autorisée à Londonderry). Il se défend plus tard, en 2003, de n'avoir jamais autorisé l'usage illégal des armes par la troupe. Les unionistes (en faveur du maintien de la Grande-Bretagne en Irlande du Nord) cessent progressivement de soutenir les conservateurs au Parlement, ce qui va amener Heath à démissionner plus tard. En 1973 cependant, il réussit à faire entrer le pays dans la Communauté économique européenne. Mais il doit faire face à l'opposition grandissante des syndicats (Trade Unions congress : TUC). L'inflation est galopante, une grave crise énergétique doublée du choc pétrolier suite à la guerre du Kippour (1973) oblige le pays à ne travailler que trois jours par semaine. Aux élections de février 1974, les parlementaires unionistes d'Irlande du Nord refusent de soutenir le gouvernement. Les négociations échouent aussi avec les libéraux pour former un gouvernement et Heath démissionne.
Harold Wilson (1974-1976) arrive de nouveau au pouvoir en 1974. Il forme un gouvernement minoritaire en attendant les élections d'octobre... où il n'obtient qu'une mince majorité. Les travaillistes veulent renégocier les termes de l'accord d'entrée dans la CEE. Les Communes votent pour rester dans la CEE en en renégociant les termes mais un référendum (une première dans les institutions) confirme l'ancrage de la Grande-Bretagne dans la CEE. Mais la crise économique perdure et Wilson démissionne en mars 1976.
James Callaghan (1976-1979) avait occupé les postes successifs de ministre des Finances, de l'Intérieur, et des Affaires étrangères sous Wilson. Son gouvernement est minoritaire et il doit s'allier aux libéraux pour former un gouvernement stable (le pacte « Lib-Lab »). Majoritaire dans les sondages, il a la possibilité de provoquer des élections anticipées en 1978. Il ne le fait pas... ce qu'il va regretter un an après. Les problèmes économiques persistent et il est contraint de limiter les hausses de salaires à moins de 5 % alors que l'inflation dépasse les 10 %. Les syndicats refusent cette limitation de hausse et entament des grèves dures à l'hiver 1978 : l'Hiver du mécontentement. Il doit alors se résigner à augmenter les salaires. Son impopularité est grandissante. La chambre des Communes passe une motion de défiance en mars 1979 à une voix près. C'en est fini et les élections de 1979 lui sont fatales. La voie est libre pour les conservateurs et pour Margaret Thatcher.